• 3ème journée : mercredi 10 juillet 2019 - De Sens (89) à Saintry-sur-Seine (91) (130 kms)

    Compte rendu de la deuxième journée

    Levée à 8 heures (quelle bonne nuit récupératrice mais dormir une ou deux heures de plus ne m'aurait pas dérangé, bien au contraire). mon amie et moi, déjeunons un copieux petit déjeuner comprenant un grand bol de lait d'avoine chaud (aussi bon que le lait de riz)  et des tartines à la margarine végétale. Je prends un petit verre de multivitaminé pour la route. Le départ se fait tout de même à 10h10, difficile de quitter une amie que je ne vois pas souvent à cause de la distance.

    Je me retrouve sans le vouloir sur la D23 et je finis par récupérer la D323 (le 323 est un bus qui passe dans ma ville !) qui me fait emprunter une petite route bien sympathique au calme, entre champs et villages. Quel plaisir ! Si seulement cela pouvait être ainsi pendant tout le restant du trajet. A la frontière de l'Yonne (le département !) et la Seine-et-Marne je m'arrête devant une épicerie qui fait également office de bar, pour acheter quelques fruits. Le gérant est originaire du 13ème arrondissement de Paris. On a été presque voisin-e-s il n'y a pas si longtemps. Il m'annonce qu'il fera beau au moins pour les prochains jours. Après avoir parcouru 33 kilomètres (je ne fais pas le tour de France !) je m'arrête à Marolles pour déjeuner, histoire d'alimenter mon carburant, d'étudier l'itinéraire, écrire des notes et faire quelques étirements.

    En reprenant la route vers 14 heures je ne m'attendais pas à une aussi longue journée sur le vélo puisque je vais avaler 130 kilomètres dans la journée, jusqu'à la tombée de la nuit. Explication : je récupère la D39 comme à l'aller, cela me permet de rouler plus ou moins le long de la Seine (l'Yonne, c'est fini pour moi !). Je me paume (ma spécialité !) pendant 10 kilomètres  à Champagne-sur-Seine à cause d'une déviation (l faut bien trouver un coupable, non ?). Dans la ville d'après, Thomery, la forêt de Fontainebleau s'ouvre à moi. J'essaie d'éviter les grandes départementales du coup mon itinéraire est en lacet et il allonge le parcours. Ce n'est pas grave mais à faire trop de kilomètres, on finit par se fatiguer, voire se blesser. Heureusement, ça ne sera pas le cas. Finalement, je prends la direction de Bois-le-Roi sur la D138, toujours en forêt. Je sers un peu de piment dans le plat en me trompant une nouvelle fois (et comme il y a 3 ans ! Si, si, c'est possible !). Je rectifie le tir à Dammarie-les-Lys en faisant de nouveaux kilomètres supplémentaires que j'aurais bien aimé éviter. Il est déjà 19h30. Mon objectif désormais est d'aller dormir dans la forêt de Rougeau, celle-là même où j'avais déjeuné le premier jour. Ça ne sera pas pour tout de suite. Je prends la D142 jusqu'à Saint-Fargeau-Ponthierry, je traverse la Seine (heu, pas à la nage, hein ?!) et la retraverse pensant avoir commis une erreur puis la re-retraverse, histoire de faire des kilomètres supplémentaires ! (la situation me représente assez bien : pris entre doutes et cerveau qui cogite trop). Mais ce n'est pas fini, la cerise sur le gâteau : je suis une petite route qui longe la forêt  et la Seine (encore elle, oui, c'est vrai !) mais impossible  de rentrer dans la dite forêt, ni d'emprunter un autre chemin. Je suis dans l'obligation de continuer sur la même voie. Je pédale, je pédale, presque dans la choucroute jusqu'à Saintry-sur-Seine (je suis passée de l'Yonne, à la Seine-et-Marne puis l'Essonne). J'ai presque l'espoir de dormir dans un camping (même si ce n'était pas dans mes projets mais au point où on en est, j'ai juste ENVIE de m'arrêter, de me poser et de faire dodo) en remarquant un panneau "camping". Il s'avère être un camping pour mobiles homes, et caravanes. Je n'y vois pas de tentes. Bref, il est 21 heures, la réception est fermée. Je continue ma route. On verra bien.  Je commence sérieusement à être anxieuse, me voyant rouler la nuit jusqu'à chez moi. Je veux juste un petit coin d'herbe quelque part pour poser mon sac de couchage, dormir quelques heures et repartir à la fraîche. Alors, que va-t-il se passer ? Suspens... 

    En récupérant la D448 à Saintry, je remarque un panneau indiquant la forêt de Rougeau très proche et qui semble être dans le coin dans lequel je m'étais rendue le premier jour pour déjeuner. Alors, solution trouvée ? Oui ? Non ? Oui ! Je m'enfonce un peu dans la forêt, sors du sentier pour aller dans les sous bois. Aucun repérage au préalable puisqu'i estl 22h30. Dans la forêt, l'obscurité commence à se faire sentir. Je trouve un petit coin comme ça, un peu au hasard. Je sors ma bâche, le sac de couchage, j'allonge le vélo, sors ma lampe dans le cas où. J'enlève mes chaussures et dors tout habillé dans le cas où j'aurais besoin de partir en vitesse. Je n'ai pas le temps, ni l'envie de dîner (j'avais tout de même mangé deux pommes peu de temps avant). Extinction des feux ! Impossible de m'endormir. D'abord un chien aboie, il habite dans les habitations non loin de là. Au début j'ai cru qu'il était dans la forêt, quelle peur ! J'ai du mal à m'endormir à cause de l'excitation (je ne me suis pas posée, je pédalais encore il y a 10 minutes), la peur des bruits, d'être découverte. Je me fais un film, un film dramatique qui se termine en catastrophe. J'ai chaud aussi, je m'oblige à rentrer ma tête dans le sac car les moustiques volent autour de moi et de les entendre font accélérer mon cœur. Le moindre craquement me fait sursauter, en imaginant toujours le pire. Je dors par intermittence pendant deux heures. Le comble se situe vers 1 heure du matin. J'entends des craquements autour de moi, comme si quelqu'un était proche. Ça ne peut pas être des oiseaux. Non. C'est forcément une personne. Je suis très mal. Et si c'était au mieux une personne de l'ONF qui me demande de déguerpir, voire des policiers voulant m'emmener au commissariat (c'est déjà arrivé à un randonneur/campeur dans la forêt de Fontainebleau). Et j'ose à peine imaginer le pire du pire, quelqu'un qui m'agresse. Dans ces moments-là , le cerveau n'arrive plus à relativiser, il ne produit que du négatif en ressassant le pire. Je ne connais pas la législation de cette forêt, si le bivouac est toléré (un vrai bivouac, c'est à dire installé en début de nuit et reparti avant le levé du soleil, en ayant rien laissé sur place... et pas de feu, of course !). J'entends les bruits pendant plusieurs minutes. Je ne vois pas la lumière d'une lampe donc je garde un infime espoir. Lorsque les bruits s'arrêtent j'essaie de relativiser et mets un moment à m'endormir. Je me réveille 4 heures plus tard en me disant que le pire était passé. J'attends un peu pour ne plus être totalement dans l'obscurité. Je relève mon vélo, installe les sacoches rapidement. Je me passe un coup d'eau ultra rapide sur mon visage. Pas question de prendre du savon car il faudrait chercher dans mes sacoches. Et si la personne était toujours là ? Je me dépêche de partir de la forêt. Lorsque j'en sors, je sens un énorme poids sortir de moi. Un soulagement et un plaisir d'avoir vaincu ça car je me suis retrouvée dans une situation très, très stressante. D'ailleurs une fois rentrée chez moi, j'ai remarqué dans un miroir des boutons qui sont apparus sur mon front. J'ai cru au début à des piqûres d'insectes mais il est fort probable que le stress les a occasionnés.  Le quelqu'un en question pourrait être un animal de taille moyenne comme un chevreuil... le mystère ne sera jamais résolu.

    Compte rendu de la quatrième et dernière journée

     

    3ème journée : mercredi 10 juillet 2019 - De Sens (89) à Saintry-sur-Seine (91) (130 kms)

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